"Ce qui compte ce n'est pas ce que l'on donne, mais l'amour avec lequel on donne." Mere Teresa

Publié le par perrine

Lundi 9 Novembre

Nous degustons en guise de petit dejeuner une delicieuse brioche noix et raisins dans notre chamber d’hotel.  Nous allons chez les missionaires de la Charite (petites soeurs de Mere Teresa)  pour la derniere fois. Aujourd’hui , les soeurs ont beaucoup de volontaires  car le groupe de futures aides soignants est revenue. Soeur Ping Ling nous propose d’aider a la lessive. Nous voice donc transformees en lavandieres, a rincer les vetements et les draps dans trois bacs successifs, plus ou moins mousseux. Ces trois bacs sont alimentes par une pompe a eau. La soeur nous prete des tabliers en plastique mais après quelques minutes le bas de nos jupes est completement trempe ! C’est pas grave, ca seche ! Blandine troque ses jolies sandales contre des tongues en plastique car nos pieds baignent eux aussi dans l’eau. J’abandonne vite le travail d’essorage car Blandine est d’une force herculeenne, et me reserve pour le travail de rincage. Tout en lavant nous chantons pour nous donner du coeur a l’ouvrage. Les cinq postulantes presentes sont ravies de nous ecouter et en redemandent ! Nous epuisons donc tout notre repertoire de la Melodie du Bonheur, puis passons a celui des chants de Noel. Le Je vous Salue Marie a 3 voix leur plait tout particulierement. Nous essayons de leur apprendre la 1ere voix mais l’office les appelle et nous leur promettons de leur envoyer la partition.

Distribution du dejeuner durant lequel Blandine discute avec une volontaire d’une cinquantaine d’annees, ancienne ingenieure chimiste et devouee depuis 8 ans au service des patients. A la mort de son mari puis de l’une de ses filles, elle est venue « travailler » ici. Le Bon Dieu lui a pris son mari car Il voulait qu’elle vienne aider ici nous dit-elle.

Celle ci nous emmene dans sa voiture et nous conduit gentiment au Cebu’s Doctor Hospital. Nous esperons lui avoir donne une meilleure impression des francais car celle-ci garde un mauvais souvenir des parisiens trop arrogant…

Mam Gloria nous demande d’attendre un peu car elle doit s’occuper d’un patient urgent. Nous partons ensuite chez Jollybee ou Magali  se bat avec la serveuse a propos de la note car celle-ci s’est trompee dans les menus! Mam Gloria nous abandonne finalement car la mere du patient est en colere : elle voudrait que l’on change son fils de chambre. Encore une de ses meres arrogantes car elles ont epousees un riche americain et pensent avoir tous les droits…

Nous passons dans  son bureau pour recuperer des medicaments pour les soeurs de mere Teresa, qui peuvent peut etre les interesser. Sur le chemin du retour, nous nous arretons dans une boulangerie, Homes Bakers, pour acheter notre petit dejeuner. Nous nous arretons finalement pour prendre un petit dessert : gateau au chocolat, cappuccino (en fait c’est plutot un café au lait !) et the a la menthe. Un vrai tea time ! Nous n’avons donc plus assez de temps pour une sieste mais juste quelques minutes pour recuperer notre linge a la landry. Arrivees chez les soeurs, nous trions avec Soeur Ping Ling les medicaments qui l’interessent.(anti epileptiques, hypo-tenseurs) et  nous aidons ensuite les lolos a prendre leur diner dans leur lit. Je me propose pour la distribution  des medicaments mais l’une des lolas perd le sien car je lui ai mis dans  la main plutot que dans la bouche. Nous partons  a la recherche du petit medicament  mais peine perdue… Une autre lola, nommee Fe, me dit qu’elle est un peu deprimee. Pour la reconforter je lui chante donc ma chanson preferee Mes Joies Quotidiennes. Resultat efficace car Fe n’est plus triste et a retrouve le sourire !

Nous chantons ensuite pour les deux handicapes  moteurs et mentaux, Dephna et Nancy, car Nancy pousse beaucoup de gemissements. Celles ci sont toutes les deux allongees dans un lit. Dephna a 16 ans mais elle ressemble a une petite fille. Elle ne parle pas, et ses grands yeux n’expriment rien. Elle bouge ses très longs membres qui ne sont que des os recouverts de peau. Dans le lit voisin, Nancy, un peu plus âgée, est plus « active » et bouge sans cesse, le plus souvent rampant sur le ventre, se retournant parfois, et bougeant ses membres recroquevillés pour essayer d’enlever ses vêtements. Aucune des 2 jeunes filles ne peut parler : elles n’émettent que des sons. Les chants les calment, Dephna sourie et Nancy ne crie plus. Soudain nous voyons debarquer un mone de la Communaute Saint-Jean, francais de surcroit !Agreable discussion sur l’apostolat des Petits Gris aux Philippines et en Asie.  Frere Gregoire nous propose de venir a la messe de leur prieure qui est dite tous les soirs a 6h30.

Derniere discussion aussi avec Soeur Ping Ling qui nous parle des differentes conversions et des baptemes des patients. Bientot la confirmation de deux autres patients. Celle ci nous donne son adresse. Nous parlons quelques minutes avec elle mais l’office l’appelle et elle nous quitte…en courant ! arton4978-25303Dernier aurevoir a nos cheres lolas : Fe, a qui nous avons laisse un petit mot dans son carnet.  Rosa et Angela ne semblent pas réaliser que nous ne serons plus là demain. La plus affectée est Viviana. Pour nous dire au revoir, nous lui demandons de nous chanter une dernière chanson. Les paroles sont émouvantes : quel que soit ce que Dieu prévoit pour vous, j’espère que nous nous reverrons… Nous l’ecoutons pour la derniere fois avec sa voix grave, chaude et emouvante, a genoux toutes les trois contre son lit. A notre tour, nous lui chantons, comme cadeau d’adieu,  un dernier « Je vous salue marie » à 3 voix. Nous recitons notre chapelet dans la chapelle. Nous confions tous nos actes au Bon Dieu, unique source de la Charite fraternelle et de la Paix interieure. Dernier adieu a Deese et Samuel, deux jeunes garcons.

Nous revenons a notre hotel et dinons dans notre restaurant habituel. (celui du soir). Les calamars que nous avons commande  sont tellement bons qu’ils sont vite avales. Nous en recommandons donc une assiette supplementaire ! Les discussions tournen’enfance. Decidement nous n’avons pas de difficulte a trouver des sujets de conversation !

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