Mission a Santa Cruz

Publié le par blandine

Mercredi 25 novembre

P1020265 - réduiteLever 4h pour un depart 5 heures comme prevu. Nous avions failli faire du mauvais esprit quand nous sommes sorties  a 5h et que la voiture n’etait pas encore la…mais nous avions oublie  que nous etions aux Philippines!

Nous partons aujourd’hui assez loin, le plus loin de toutes nos missions, a Santa Cruz, toujours dans la province de Laguna (je vous envoie la  mon magnifique plan sur la page des cartes!).

Un taxi mini-bus, le FX, nous emmene au terminal le plus proche. Nous embarquons a 6h et nous arrivons 3h plus tard sur place. Bus grand confort cette fois-ci, avec la climatisation, meme si on a plus l’impression d’etre dans un refrigerateur! Heureusement on a nos duvets qui vont nous servir de pull pour l’occasion!

Au terminal de bus, nous sommes accueillies par la Doctora Bicana. Elle est la responsable de santé sur toute la province de Laguna, la provincial health center, comme ils disent ici. Santa Cruz est la capital de cette province. Nous en profitons pour essayer de nous familiariser avec l’organisation de leur systeme de santé qui s’avere tres structure. Dans chaque barangay, un health center dirige par une sage-femme. Puis par municipalite, qui regroupe plusieurs barangays, il y a un officier de santé (health officer).

Avant de commencer notre mission, nous prenons un café (toujours le fameux 3 en 1) avec les delegues municipaux, tres officiel tout ca! Ils nous expliquent ce qu’ils attendent de nous: deux petites missions, dans deux centres d’evacuation. Il y a eu, depuis deux mois, plusieurs typhons de grande force survenant juste après les pluies diluviennes qui avaient inonde Manille. Le lac de Laguna n’a donc pu se vider et retrouver un niveau normal . Puis avec le dernier typhon, Santi (survenu lorsque nous etions a Subic) le grand lac est completement sorti de ses frontieres, engloutissant tout. Et, aujourd’hui, plus de 3 semaines plus tard, il y a encore 1m30 d’eau dans les maisons de tous ces gens vivant dans les differents centres. Certains n’ont pas voulu quitter leur maison et vivent dans l’eau, sur des pontons de fortune fabriques avec des meubles empiles. Le Doc nous explique que suite a ces dramatiques evenements ils ont construisent un canal entre le lac et la mer, mais la fin des travaux est encore lointaine.

P1020244 - réduiteDans notre premier centre d’evacuation, installe dans l’ecole, il y a 250 familles qui s’entassent. Nous sommes aides de  2 medecins. La Doctora Bicana et la Doctora Lisa, new-Zelandaise, volontaire de medecins sans frontieres. Medecins sans frontieres a envoye, après Santi une equipe de volontaires car le gouvernement philippin, depasse par les evenements a fait une demande d’aide internationale. Nous decouvrons le matin, Adrien, autre membre de l’equipe,francais, ingenieur des eaux. Il est la afin d’aider les equipes locales dans la gestion des eaux. Essayer de trouver des solutions afin d’evacuer les eaux, eviter la pollution des eaux stagnantes et regler quantite d’autres petits problemes. Par exemple, nous explique-t-il, dans ce centre d’evacuation, il n’y a que 3 sanitaires pour les 250 familles. C’est tres poignant lorsque l’on passé devant les salles de classes ou vivent 5 ou 6 familles… qui devront peut-etre rester ici pour encore 2 mois!DSC03830 - réduite Mais les enfants ne semblent pas perturbes par les conditions de vie, s’amusant d’un rien, les gros ventilateurs, une vieille chambre a air ou les boites de medicaments vides! DSC03819 - réduiteEn deux heures nous voyons toutes les personnes malades et prenons notre dejeuner avant de rejoinder l’autre centre d’evacuation.

DSC03860 - réduiteCelui-ci accueille aussi 250 familles. Elles sont reparties dans les salles de classe mais aussi sur le terrain de basket (elles ont enleve leurs affaires pour nous permettre d’y installer notre mission), ou dans des grandes tentes, installees dans la cour de recreation. Ici aussi, la vie s’est reconstituee d’elle-meme. La petite grand-mere, assise dans un coin, regarde tout ce qui se passe; le vendeur de glace avec ses petites clochettes fait le tour de l’ecole, comme dans les rues, avec des grappes d’enfants autour de lui; et cette petite dame a installe son petit brasero sur lequel sont cuits des pancakes oranges. Nous ne resistons pas avec Perrine, et lui en achetons un, avec plein de margarine, mais delicieux avec sa couleur orange!DSC03873 - réduite

Cette après-midi pendant la mission, nous faisons la rencontre de Monique, francaise, volontaire et responsable de l’equipe de medecin sans frontieres, elle s’est engagee dans l’association depuis 1984 et a vu toutes sortes de pays en guerre ou touché par des catastrophes naturelles. Elle est passionnee par son action et est tres interessante, une femme de caractere!

Nous avons vu pour la journee 284 patients, restant decidement dans les memes chiffres!

P1020291 - réduiteEn attendant nos transports, nous passons de tres bons moments en chantant aux enfants des chansons mimees a une marmaille d’enfants suspendus a nos gestes! Pendant ce temps, Magali regarde les photos de la Dra Bicana des maisons inondees que les gens n’ont pas voulu quitter. Ils essayent de passer regulierement dans ces endroits qui ne sont accessibles qu’en barque afin de surveiller et d’apporter une aide medicale. Elle a ete surtout marquee par ce vieux monsieur qui vivait depuis les inondations sur une table, avec son petit fourneau etc... Les hommes sont en fait reste la-bas pour tenter de nettoyer et de reparer les degats après avoir envoye femmes et enfants dans les centres d’evacuation.

La voiture de MSF (il n’ont pas les memes moyens, chauffeur, voiture privee avec chauffeur!) nous ramene au terminal de bus. Le bus nous laisse a Manille a une station de metro en deux petites heures.Nous songeons avec delices a notre lit tout proche, le lever est loin! C’etait sans compter la panne de metro, les taxis qui ne veulent pas nous prendre, l’impossibilite de savoir ou se trouvent les jeepneys allant dans notre direction (et pourtant nous avons Sheryl avec nous…mais personne n’est d’accord sur la direction a prendre!) Un cauchemar après cette longue journee. Nous finissons enfin par trouver un bus puis un taxi qui nous depose enfin chez nous, cela fait quasi 5 heures que nous avons quitte Santa Cruz, il est plus de 11h! Nous ne prenons meme pas le temps de diner et DSC03844 - réduite

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